Nous y sommes. Cette semaine, nous nous prononcerons. La messe n’est pas dite. Il faut rappeler le profil présidentiel. La fonction actuelle de président de la République a été définie par le Général de Gaulle. Il a voulu que soit à la tête de la France, une personne qui rempli certaines conditions et qualités. Je vous propose de voir pourquoi François Bayrou répond aux qualités requises.
Le président de la République est d’abord un Homme
Il n’y a qu’un président de la République. Lors de son élection, le président de la République est avant tout choisi pour sa personne. Cette personne est en quelques sortes la personnification de ce que doit être la France. Le président de la République est l’inspirateur de celle-ci. Il est celui qui va mettre en mouvement la République. Pourquoi François Bayrou serait-il la bonne personne pour ce rôle ?
Tout simplement parce qu’on choisit le Président pour son histoire, et ses origines, c’est à dire les éléments qui ont constitué le personnage qu’il est. Quelles sont les origines de François Bayrou?
Il est le fils d’un agriculteur lettré. Il est ce jeune garçon qui a connu la terre, la culture de la terre. C’est à dire, ce jeune garçon qui a vu comment de la graine poussait l’arbre. Cette chose, peut-être banale, est pourtant déterminante pour connaître le personnage. En effet, il a décidé que son métier serait également de construire un arbre à partir d’une graine. Pas n’importe quel arbre, pas n’importe quelle graine: Les graines seraient ces enfants, qui futurs chênes massifs c’est à dire des adultes indépendants et cultivés, allaient construire le pays. Cette jeunesse, force du pays. Cette envie d’embrasser le métier de professeur, c’est son père qui le lui donné à travers des lectures données. C’est aussi le théâtre: ces pièces qui ont donné et ont aidé le jeune garçon bègue, qui butait avec les mots, à devenir un grand conteur, conteur d’un Roi qu’il admire: Henri IV, le bon Henri. Henri, ce jeune garçon torturé par deux parents qui s’opposaient dans une guerre de religion, et qui allait devenir l’instigateur de l’édit de Nantes. L’édit de la Paix entre les Français. Celui qui les a rassemblé.
L’Homme a également eu le temps de réfléchir, de penser, de construire la force nécessaire pour conduire le pays. J’entends là, le ressourcement et l’indépendance créés tout au long de ces dix dernières années, et particulièrement ces cinq dernières. Qualités essentielles pour garantir l’indépendance et le libre-arbitre.
Le président doit être cet homme qui donne à un pays affaibli ( comme un jeune garçon qui butte avec les mots), la volonté de retrouver sa grandeur (comme un homme fort qui fait front, seul, devant des Guerres de Religion). Seul un Homme qui a connu la difficulté et qui a su l’a surmonté, peut en faire de même avec un pays. Ce qui ne tue pas rend plus fort. La bataille de François Bayrou contre le bégaiement a été l’image d’un jeune garçon qui refuse de se résigner. C’est cette ambition qu’il a pour la France.
C’est à cette force que faisait allusion François Mitterrand.
« Suivez François Bayrou. Il sera président de la République. »
François Mitterrand se confiant à son conseiller Michel Charasse peu de temps avant sa mort.
Un homme qui représente son peuple
Pour que l’ambition de redresser le pays fonctionne, se concrétise, le Président a besoin d’une force: Celle du peuple uni, et donc du pays. C’est tout l’ambition de son programme: le gouvernement d’Union nationale. C’était le choix de Clemenceau en 1917, et c’est grâce à cette manière de diriger le Gouvernement de la République, et cette unité nationale que la France a su garder son courage jusqu’à la victoire. L’union a également été le choix du Général de Gaulle en 1940, avant qu’il répète l’Histoire en choisissant autour de lui, en 1944, un gouvernement d’Union nationale.
Simplement, Le gouvernement d’union nationale est celui de toutes les forces responsables, républicaines, c’est à dire les forces politiques toutes sauf extrêmes. Cela est très simple, c’est le gouvernement de la majorité centrale, cette majorité qui va de la gauche sociale-démocrate à la droite républicaine, en passant naturellement par le Centre. C’est le gouvernement de toutes les tendances républicaines du Peuple français. D’ailleurs, c’est bien parce que le Gouvernement est du peuple, et gouverne par le peuple et pour le peuple, qu’il faille un gouvernement représentatif de l’Unité de celui-ci. Même si certaines personnalités de la classe politique semblent être sceptiques à l’idée d’Union nationale, il faut rappeler que c’est bien parce que la situation est exceptionnelle qu’il faille lui donner cette réponse exceptionnelle.
En Effet un seul parti, un seul bord politique ne peut pas avoir l’ambition et la prétention de redresser le pays, la nation en période de crise. Affirmer ceci, faire croire qu’un parti puisse régler tous les problèmes de la France, c’est mentir aux Français. Les deux partis, disons « provisoirement principaux », en se partageant le pouvoir alternativement, se sont rendus responsables de la situation actuelle de la France. Ceux qui contestent aujourd’hui gouvernaient hier, et ceux qui contestaient hier gouvernent aujourd’hui. Ils sont co-responsables. Choisir le PS à la place de l’UMP serait une restauration, en rien un changement, en rien une considération pour le peuple. Que d’illusions! Choisir l’UMP c’est continuer la division des Français, cela serait cautionner les scandales et le peu de considération à l’égard des plus modestes qu’a porté la présidence Sarkozy. Telle n’est pas la République, et chacun de nous le sait. D’autant plus que les deux sont portés par leurs extrêmes, par soucis électoral. Le PS est obligé de se justifier avec ses amis du front de gauche, et l’UMP tient de plus en plus un discours frontiste.
« La République est une et indivisible », tel est le leitmotiv de François Bayrou. Vous pourrez le voir dans chacune de ses interventions et discours. Meilleur, son slogan de campagne, « un pays uni, rien ne lui résiste » traduit une de ses volontés: réunir le peuple, ses tendances pour reconstruire le pays, relancer le fer de lance qu’a été la France. C’est pour cela, qu’il souhaite suivre l’Histoire et ses habitudes en période de crise: un gouvernement d’union nationale. Faisons confiance aux politiques qui ont fait leurs preuves, François Bayrou souhaite présider une France réunie, avec l’aide d’un premier ministre qui sera un vrai chef de gouvernement, contrairement au cinq ans passés.
Présider, c’est être au-dessus des partis, c’est à dire garantir la place de chacun dans la République. En cela, être modéré est une chance, car l’absolutisme républicain connu jusque là (notamment sous Nicolas Sarkozy) a su montrer à quel point l’Élysée était plus le lieu de réunion d’un parti, plutôt que celui de l’intérêt de la France et des Français.
Le président de la République est un démocrate
« Nous nous fixons comme but de faire sortir la République de l’absolutisme et de la faire rentrer dans l’ère nouvelle d’une authentique démocratie. » François Bayrou, Le Bien public 2007
Comme je l’ai déjà expliqué, le président de la République ne peut pas et ne doit pas être le président d’un parti, le président d’une tendance de la république française mais bien le président de tous les Français. Cela implique de rejeter toute forme de préférence à l’égard des siens, c’est à dire ceux que l’on a côtoyé. Monsieur Sarkozy, n’a su respecter cette règle sine qua none de la présidence de la République, y préférant le népotisme ( il faut se rappeler de l’affaire Jean Sarkozy et de l’EPAD), le conflit d’intérêt ( en plaçant les copains à la tête des grandes entreprises publiques, ou dans les entreprises où l’Etat a des intérêts – le meilleur exemple est récent: la tentative de mettre Borloo à la tête de Veolia). Monsieur Hollande ne semble pas non plus vouloir être un exemple dans ce domaine car l’intention est claire: changer les hauts-fonctionnaires trop proches de la politique de Monsieur Sarkozy, à savoir les préfets. Mettre des Hauts-fonctionnaires plus favorables aux socialistes. L’État ne peut pas être mêlé sur ce point à un Homme. L’État et les fonctionnaires doivent être neutres. Ils sont la continuité de l’Etat, des techniciens à son service. Ils ne font qu’exécuter. Malheureusement, la conception de l’État n’est pas ainsi au sein de l’UMP ou du PS. Sur ce point. François Bayrou fera rupture. N’est pas prévu de mettre les copains du MoDem à la tête des administrations, ou des ambassades. L’Administration doit être indépendante à la politique. Évidemment, elle est sous son contrôle, sous son autorité, mais l’Administration est composée de personnes ayant le sens de l’État et non des intérêts politiques. Les fonctionnaires ne doivent pas être choisis par rapport à leurs opinions politiques, sinon à travers leurs qualités, leurs capacités. La France n’est pas l’URSS… la France, se base sur le mérite.
Être démocrate, c’est également promouvoir la Démocratie, et respecter la volonté souveraine du peuple. François Bayrou s’y engage. Il le souhaite et l’appliquera dès le début du mandat en soumettant par voie référendaire, une proposition aux citoyens français: celle de la moralisation de la vie publique. Il entend par là, mettre fin au cumul des mandats, à la nomination des présidents de chaines de télévision publique par le président de la République ( respectant ainsi la nécessité de médias plus respectueux de la pluralité de l’offre politique), l’introduction d’une dose de proportionnelle.
Enfin être Démocrate, ou Républicain, c’est être tout le contraire de la provocation, de la démagogie, et surtout du populisme.
Être président de la République c’est être un homme d’État. Bayrou est un des deux candidats de ce genre. Monsieur Sarkozy est le second. La question est la suivante: Ne faut-il pas sanctionner le candidat sortant ? S’il faut le sanctionner, doit-on le faire avec raison ? Je fais confiance aux Français, car ils connaissent la réponse. Rien n’est fait. Malgré tout, malgré ce que dit les médias, le premier tour appartient aux Français. Je suis sûr, que les Français penseront à l’avenir du pays quand ils se déplaceront aux urnes Dimanche. Le moment que vous passerez dans l’isoloir doit être solennel. Le premier tour est votre, et n’est qu’à vous.
Démocratiquement vôtre.
Laurent Schumacher,
Délégué du Mouvement Démocrate pour la cinquième circonscription de Moselle
Conseiller départemental du MoDem de Moselle
Conseiller national des jeunes démocrates
… mais surtout et avant tout citoyen.